last days in the farm…

C’est comme ça, il fallait bien que cela arrive ! La fin de l’aventure ! Il reste 4 jours, donc nous en profitons intensément. Nous donnons double rations aux poules et aux petits poussins, nous câlinons les petits veaux qui sont devenus nos supers amis, étant donné que nous les nourrissons deux fois par jour !

Les enfant se baignent dans l’étang, on profite du soleil couchant sous le porche, car la chaleur est revenue.

Actuellement les hommes sont en force car les filles sont parties dans la famille en dehors de Gretna. Donc c’est ambiance, hot dogs et barbecue le soir et popsicle en dessert. Youhhhh !!!

 

dairy

veaux

veaux

mon veau préféré Dublin

mon veau préféré Dublin

ravitaillement

ravitaillement

quand l'estomac est plein, ça fait comme une petite bosse sur le flanc droit !

quand l’estomac est plein, ça fait comme une petite bosse sur le flanc droit !

les petits chics grossissent, ils vont bientôt rejoindre la prairie.

les petits chics grossissent, ils vont bientôt rejoindre la prairie.

 

mosquito time, fresh time in the evening

mosquito time, fresh time in the evening

Les futurs fermiers responsables de l’Amérique !

Poly face farm, la ferme aux multiples visages, ouvrait donc ses portes aujourd’hui, pour un grand show à l’américaine, mais pour la bonne cause !

Essaimer les bonnes graines de la permaculture, faire grandir l’agriculture raisonnée et responsable, contre l’agriculture massive et l’invasion des OGM, c’est le créneau de Joel Salatin, probablement le fermier le plus célèbre de la Cote Est des Etats-Unis, depuis plus de 40 ans !  Ce grand nounours, chapeauté comme un cowboy, apparait un peu comme un gourou du retour à la terre, les gens qui en parlent ont des étoiles dans les yeux, “ça fait trente ans que je le connais” dit ce fermier du Texas, “j’ai lu tous ses livres, je suis tous ses conseils. Quand j’ai lu you can farm,” son best-seller, “ça m’a donné de nouvelles perspectives, je me suis dis que j’en étais capable“.

Au petit matin, les voitures fendent le brouillard de cette campagne très vallonnée et piégeuse du Nord de la Virginie. On sent qu’ici, ce ne doit pas être simple de travailler. Aujourd’hui il pleut et le climat est lourd et humide, des nappes de brouillard s’élèvent comme des volutes de fumée.
On imagine comme dans les romans de Ron Nash, les batailles qui ont pu avoir lieu dans ces champs, les lignes qui s’affrontent, les corps qui tombent sous les coups des baïonnettes.
Et bien avant cela, les milliers de buffalos qui gambadaient ici, du temps des natives americans, nos amis disparus, feu les indiens…
Ces buffalos qui aux rythmes de leurs transhumances, malaxaient la terre en quelque sorte, et lui permettait d’être saine, de se régénérer. Les prairies étaient belles, le cycle naturel des prédateurs offrait une diversité qui aujourd’hui a disparu, au profit des champs de maïs OGM, soja, et herbe à vache pour nourrir les futurs beefs qui finiront dans l’assiette.
Ah là là !!! Amérique, qu’es-tu devenue ?

Heureusement Joel est là pour que tu te reprennes en main !

Joel Salatin, live in the field

Joel Salatin, live in the field

L’homme est jovial, il a un sourire communicatif. Il affirme que pour être un bon fermier il faut être glamour. Dam right camarade !!
La visite commence donc à 8 h du matin, l’heure des fermiers quoi ! Et là, Joël commence par nous présenter l’une de ses grandes trouvailles le salad bar. En fait, il a remarqué que pour les fermiers qui débutent ce qui coute cher, c’est d’avoir de la terre, alors son concept, c’est de faire un maximum de choses en version “mobile”. Il propose donc de concevoir ces enclos pour poulets, qui se déplacent manuellement chaque matin de quelques mètres. Résultat ?

salad bar

salad bar

chiken base

chiken base

Rita heureuse comme un coq en plâtre !

Rita heureuse comme un coq en plâtre !

sol fertilisé !

sol fertilisé !

Le caca des poulettes, est le meilleur fertilisant naturel qui soit. ces installations sont en plus très peu coûteuses et peuvent se bricoler soi-même. Il pense à tout ce Joël, c’est fou….

Au passage, nous avons fait un petit tour chez les lapins, canards, et dans le potager.

happy ducks

happy ducks

 

indispensables bee's

indispensables bee’s

 

drinking rabbit

drinking rabbit

entre les visites, des conférences, ponctuent la journée, comme le témoignage de Ether par exemple, qui était ingénieur informatique et qui a décidé de tout plaquer, après avoir passé deux mois à Poly face farm. “J’ai rassemblé tout ce que j’avais et ça tenais dans le coffre de ma voiture, il m’a fallu du temps pour rembourser mon prêt étudiant, mais franchement, ça fait 13 ans et je ne regrette pas un seul instant. Je suis là pour vous dire que c’est possible, allez-y vous aussi !” C’est marrant, ça m’a fait penser à quelqu’un….

témoignage d'internship

témoignage d’internship

la relève des fermiers

la relève des fermiers

Bon tout ça c’est bien joli, mais n’oublions pas que dans la ferme, il faut aussi, abattre de l’animal…. petite démonstration de l’atelier “découpe” des poulets avec le manager de l’abattoir. Avec un tel physique, je veux bien plumer les poulets moi, pas de problèmes !

atelier découpe

atelier découpe

chickenkill

pour plumer les bêtes

pour plumer les bêtes

la preuve !

la preuve !

Après la découpe… un petit break et on mange les bons produits de la ferme, le poulet braisé, le boeuf et le porc… hum…

lunch

lunch

et un tour à la librairie et là je vois quoi ???? Il veulent copier notre Reblochon, non mais ça va pas !!!! C’est une AOC, vous savez que ça veut dire ????

le reblochon version US

le reblochon version US

Pour finir sur cette journée bien remplie, j’ai passé un peu de temps à côté de nos amis Amish. Alors on arrête tout de suite les stéréo-types, oui je sais, ça fait rire… mais ils sont les garants de l’agriculture bio justement, comme ils sont hostiles à toute modernité, comme les fermetures éclairs (donc ils n’ont que des vêtements avec des boutons ou des épingles..)  et bien ils produisent selon les méthodes anciennes et les bons procédés. Alors un petit hommage romantique, car certains enfants, étaient vraiment très mignons !

Amish

Amish

amishs

lapinsamish

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et voilà… vous dire si après ça je me sens pour me lancer dans l’aventure de la ferme, je ne sais pas !!! En tous les cas ça fait du bien de voir tous ces gens passionnés. J’ai rencontré des gens du Wisconsin qui étaient maraîchers et voulaient se lancer dans la volaille, et deux jeunes d’à peine 23 ans qui venaient du Kentucky où ils ont de gros soucis de “prédateurs” avec des animaux deux fois plus gros que des loups qui mangent tout sur leur passage ! Dingue !!

Allez merci Joël pour cette belle journée, continu la lutte, je vais en parler à José Bové pour que tu viennes chez nous, voir un peu ce qu’il se passe.
Joelpigs

 

La bibliothèque à la ferme !

Aujourd’hui, pluie battante depuis hier soir, des orages, des éclairs, tout ce qu’il faut pour faire peur aux enfants qui avaient décidé de dormir sous la tente au bord de l’étang !

étang sous la pluie

la pluie sur la ferme

la pluie sur la ferme

boots for everyone

Et ce matin avec la pluie, guess who’s here ? La bibliothèque à domicile ! Evidemment comme nous sommes aux Etats-Unis le camion est énorme ! Climatisé, plein de bonbons ! Un rêve pour les enfants.

bibliothèque mobile

bibliothèque mobile

Nous avons du mettre la maison sans dessus dessous, car avec 10 enfants, pensez bien que d’un mois sur l’autre la moitié des livres sont perdus, planqués sous les canapés, ranger sous les pots de céréales, dans le frigo, sous la piscine en plastique… vous n’imaginez pas le nombre de cachettes qu’il peut y avoir.

Bref, on a presque tout retrouvé sauf la vie de Martin Luther King… zut…

Et là en entrant : whahhhhh !

la caverne d'Ali baba Usa

la caverne d’Ali baba Usa

 

books books books

books books books

Books and candies

Books and candies

les aventures du train bleu

les aventures du train bleu

Chacun est reparti avec son livre, en espérant bien le cacher pour que personne ne le retrouve le mois prochain !!

bye bye !

bye mobile library house

bye mobile library house

La résistance agricole écologique in the US… Dans le vif du beef !

Hier soir, grande discussion avec Jacques le fermier, je voulais comprendre les motivations de cette famille, pourquoi ils avaient choisi de s’installer en Virginie, sur cette ancienne terre de tabac, pour monter leur ferme et nourrir leur grande famille. Vu de l’extérieur, ce sont des fermiers “écolo-bio” comme on dirait en France, mais  ici ils font partie de “the grass root movement” un mouvement venu de la base. Autant dire une poignée de résistants dans un pays où les lobbies sont rois et où le gouvernement diffuse la parole divine sans discontinuer, sur internet, dans les médias, dans la pub, dans le sport, partout…

Le site officiel du gouvernement par exemple, nous montre cette superbe vidéo avec cette belle mère idéale, dans son intérieur cosy et douillet, avec ses beaux fruits devant elle et son bon verre de lait pasteurisé. Elle vous explique calmement et surement que le “raw milk” lait cru, non pasteurisé produit par les petits fermiers (depuis la nuit des temps) est en fait un danger pour la santé, plein de bactéries, plein de virus qui sont MORTELS !

http://www.fda.gov/Food/ResourcesForYou/consumers/ucm079516.htm#video

Cette façon de voir les choses, arrange bien les grosses compagnies et lobbies qui continuent de vendre en quantités astronomiques leurs produits, engraissant leur portefeuille et par la même occasion la panse de millions d’américains. Pour anecdote, il y a apparemment plus d’agents fédéraux qui surveillent les fermiers dans les campagnes que pour surveiller les dealers dans les villes, c’est pas chouette ?

Dans ce climat hostile, j’ai donc compris que mes amis fermiers sont donc perçus comme des marginaux dangereux capables d’éradiquer la population. Le pays a donc renforcé sa législation, et a tout simplement interdit dans la majeure partie des états de vendre du lait frais non pasteurisé.
http://foodfreedom.files.wordpress.com/2010/09/us-raw-milk-laws-ftcldf.jpg

Ici, en Virginie, il est interdit de vendre ce type de lait. En revanche, les producteurs de lait peuvent en consommer, tout comme les propriétaires de vaches. Les clients de la ferme n’achètent donc pas de lait directement au fermier, ils bénéficient chaque semaine ou chaque mois d’une quantité de lait venant de leur vache (ou une partie de la vache) qu’ils ont acheté.

C’est pas incroyable ça ?
Dans certains états pour contourner encore la loi, le lait frais fermier est vendu en tant que “nourriture pour chiens“…
Quand je vous dis que c’est la guerre ! C’est la guerre !